À l’épreuve du saute-mouton professionnel


À cause des nombreux changements d’emplois, votre CV tient désormais sur 3 pages. La situation a un nom, le « saute-mouton professionnel ». Avec la rareté de main-d’œuvre, de nombreuses personnes sont tentées d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Les recruteurs sont partagés sur ce point. 

Réservé dans la plupart du temps aux jeunes, le saute-mouton professionnel, ou le job hopping, prend de plus en plus d’ampleur. Apparu avant la crise sanitaire, le saute-mouton professionnel a pris de l’ampleur avec la crise de la Covid 19. Les employés ont rapidement été sollicités, avec à la clé de meilleur salaire et plus d’avantages sociaux.
Selon un récent sondage réalisé pour Randstad Canada, la grande majorité des travailleurs et travailleuses de 18 à 34 ans (qui représente 62 %) est susceptible de changer d’emploi cette année. Chez les 35 à 54 ans, ils sont 48 % à réfléchir à cette option. Choisir de rester ou non relève surtout des aspirations de la personne et de l’étape où elle se trouve dans son cheminement de carrière.
Que pensent le recruteur et l’employeur ?
C’est certain que si le candidat change régulièrement d’emploi, cela peut donner l’impression d’un travailleur instable, voire même impulsif. Surgis même de la grande question, de savoir, si on le recrute, combien restera-t-il chez nous ?

Certains employeurs se montrent très compétitifs pour conserver leurs troupes. De même, si un employé ou une employée a une offre alléchante sur la table, il ou elle pourrait tout aussi bien l’utiliser comme levier de négociation pour améliorer ses conditions de travail.
En fait, les raisons derrière ces départs, sont souvent liées au fait que l’entreprise rencontre des difficultés, ou bien se trouve à l’orée d’un plan de restructuration. Si le bateau en vient à prendre l’eau, le dernier arrivé risque d’être le premier remercié. L’employé est alors en mode, mieux vaut préparer mon départ.

Dans certains secteurs, cependant, comme l’informatique, ce cumul d’expériences est plutôt vu d’un bon œil, car les employés qui bougent accumulent un bagage professionnel qui peut être considéré comme une richesse dans certains cas.
Avantages et inconvénients
Il est clair que le fait de ne pas accumuler d’ancienneté pénalise le travailleur, par exemple en ce qui concerne les prestations associées à de longues années au service d’une entreprise qui offre un régime de retraite à ses employés.
Aussi, ne dit-on pas souvent que le passé est garant du futur, et garder un emploi plusieurs années démontre avant tout de la loyauté. L’employeur investit dans la formation et dans la mise à niveau d’un nouvel employé en espérant le voir évoluer à long terme au sein de l’entreprise.
Aujourd’hui, les employés changent d’emploi en moyenne aux 3 ou 4 ans, les recruteurs doivent donc relativiser et s’adapter aux nouvelles réalités du marché du travail. Par contre, il est certain qu’un sérieux doute se dressera presque toujours si le candidat a occupé plusieurs emplois d’une durée inférieure à un an.
Alors, est ce que la stabilité peut nuire à votre carrière ? Si passer d’un emploi à l’autre permet d’accumuler un bon bagage, conserver le sien ne signifie pas automatiquement que sa candidature perdra de la valeur.